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Le Prince des selfies : une statue Turque en hommage au selfie !

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Le Prince des selfies : une statue Turque en hommage au selfie !

Bon alors… comment dire… les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Et dans la grande famille des statues municipales capables de déclencher un « mais pourquoi ? », celle-ci mérite clairement une petite place au chaud.

À Amasya, dans le nord de la Turquie, les promeneurs peuvent tomber nez à nez avec une œuvre pour le moins détonante : Selfi Şehzade, que l’on pourrait traduire par « le prince des selfies ». Un prince ottoman, sabre en main, smartphone dans l’autre, en train de se prendre en selfie. Oui, vous avez bien lu. Un prince ottoman. Avec un téléphone. Vive les anachronismes.

Installée le 9 mai 2015 au bord du Yeşilırmak (ici sur Google Maps), la rivière qui traverse la ville, cette statue rend hommage à l’histoire d’Amasya, connue notamment pour ses liens avec les princes de l’Empire ottoman. Sur le papier, l’idée devait probablement être de mélanger patrimoine, humour et modernité. Dans les faits, le résultat donne surtout l’impression qu’un manuel d’histoire a croisé une story Instagram après une soirée un peu longue.

Un prince ottoman qui connaît visiblement son bon profil

Il faut reconnaître une chose : le Prince des selfies ne passe pas inaperçue. Le personnage est représenté en tenue traditionnelle, sabre fièrement tenu, posture très sérieuse… mais le bras tendu vers l’avant pour cadrer son autoportrait. Il ne manque presque plus que le filtre « Valencia », trois hashtags et une légende du type « petite balade au bord de l’eau ».

Le contraste est évidemment tout l’intérêt de la chose. On est sur un mélange assez savoureux entre grandeur historique et réflexe numérique très contemporain. Un peu comme si Napoléon posait devant les Invalides avec une coque fluo et une perche à selfie. Ça ferait parler, c’est certain. Est-ce que ce serait une bonne idée ? Là, chacun jugera.

À Amasya, en tout cas, l’installation a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Pas forcément parce qu’elle était belle. Plutôt parce qu’elle était suffisamment improbable pour devenir une petite curiosité virale. Et dans ce domaine, il faut bien avouer qu’un prince ottoman qui immortalise son meilleur profil, ça se pose là.

Un buzz… et un téléphone qui n’a pas fait long feu

Le succès n’a pas été uniquement numérique. La statue a aussi attiré les curieux sur place, entre ceux qui trouvaient l’idée amusante et ceux qui voyaient dans ce selfie historique une façon un peu légère de traiter le passé ottoman.

Et comme souvent quand Internet rencontre l’espace public, l’histoire a pris une tournure un peu absurde. Peu après son installation, le téléphone tenu par le prince a été cassé par des vandales. Puis son sabre a lui aussi été endommagé, ce qui a valu à la pauvre statue une protection policière pendant un temps. On imagine assez bien la scène : des agents chargés de surveiller un prince métallique privé de smartphone. Le patrimoine, parfois, c’est du sport.

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La municipalité a ensuite fait réparer les dégâts, preuve que l’objet avait tout de même trouvé sa place dans le décor local. Et il faut reconnaître que, dans la catégorie « monument qui fait lever un sourcil », celui-ci a une efficacité redoutable.

Le selfie, ce grand monument de notre époque

Ce qui rend cette statue amusante, au-delà de son côté franchement kitsch, c’est qu’elle résume assez bien notre rapport aux images. Le selfie est devenu un geste tellement banal qu’on peut le greffer à peu près partout : devant un coucher de soleil, au restaurant, dans un musée, avec son chat, et donc, apparemment, dans une représentation de prince ottoman.

On pourra trouver ça ridicule, malin, moche, drôle ou tout à la fois. Mais la statue a au moins réussi une chose : faire parler d’Amasya bien au-delà de ses frontières. Et finalement, pour une œuvre pensée autour du selfie, c’est presque logique. Elle attire l’œil, déclenche des réactions, provoque des partages et donne envie de la montrer à quelqu’un en disant : « Regarde-moi ça. »

Comme quoi, même un prince ottoman peut finir influenceur sans l’avoir demandé.

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