
Tout comme l’image ci-dessous, figurez-vous qu’une bonne partie des visuels que vous pouvez retrouver chez IKEA ne sont pas de vraies photos.
Il s’agit, en effet, de reconstitutions en 3 dimensions réalisées par ordinateur, ce que l’on appelle de la CGI pour « Computer Generated Imagery. Meubles, textures, éclairages et parfois pièces entières peuvent ainsi être créés virtuellement avec un niveau de réalisme suffisant pour tromper assez facilement nos yeux.
Pendant longtemps, ces images ont notamment servi à remplir les pages du célèbre catalogue IKEA. Mais le gros pavé que l’on feuilletait en imaginant refaire entièrement son salon pour 247,53 € a tiré sa révérence : IKEA a annoncé en décembre 2020 l’arrêt de son catalogue annuel après 70 ans d’existence. L’édition 2021 aura été la dernière version imprimée. Les inspirations et les produits sont maintenant essentiellement présentés sur le site IKEA, dans l’application mobile et sur les différents supports numériques de la marque.
Des meubles qui n’ont jamais posé devant un appareil photo
Le principe de la CGI est assez simple à comprendre : plutôt que de photographier chaque meuble dans chaque couleur et chaque configuration possible, IKEA dispose de modèles 3D extrêmement détaillés qu’il peut intégrer dans des décors virtuels.
Il est ainsi beaucoup plus simple de proposer la même scène avec des meubles de couleurs différentes, ou bien avec des dispositions différentes pour une cuisine par exemple… bref, ce procédé offre une flexibilité presque sans limite. Et le résultat est vraiment très impressionnant !
La fameuse chaise Bertil a été l’un des premiers meubles IKEA reproduits par ordinateur pour le catalogue en 2006. Quelques années plus tard, en 2010, une pièce entièrement réalisée en CGI faisait son apparition. La machine était lancée.

En 2014, IKEA indiquait qu’environ 75 % de ses images produits étaient générées par ordinateur, avec une banque comptant déjà quelque 25 000 modèles 3D.
Impossible en revanche de remplacer proprement ce chiffre par un joli « 92,7 % » sorti du chapeau : IKEA ne publie pas de proportion globale récente permettant de connaître précisément la part de CGI dans ses visuels en 2026. Tout indique néanmoins que la 3D occupe une place massive dans sa production. IKEA Marketing & Communication explique d’ailleurs produire la majorité des images, textes et films utilisés dans plus de 60 marchés et se présente comme l’un des pionniers de la production de contenus 3D à grande échelle.




La CGI ne sert plus seulement à faire de jolies images
L’intérêt n’est pas uniquement de transformer un canapé beige en canapé bleu sans ressortir les projecteurs.
Produire virtuellement une cuisine complète évite aussi de faire venir des meubles, de l’électroménager et des accessoires parfois depuis plusieurs endroits uniquement pour monter un décor, le photographier puis tout démonter. C’est moins de logistique, moins de manipulations et potentiellement moins de transport. Le procédé permet aussi de préparer des visuels avant que tous les produits ne soient disponibles physiquement, de décliner rapidement une scène pour plusieurs pays et de produire beaucoup plus facilement les différentes versions nécessaires au web et aux campagnes commerciales.
Et la 3D a largement dépassé le cadre de la simple image publicitaire. L’application IKEA intègre par exemple des visualisations de produits en 3D, tandis qu’IKEA Kreativ permet de placer virtuellement des meubles dans son propre intérieur. En 2025, le groupe a également lancé une nouvelle expérience de conception de cuisine utilisant des environnements 3D réalistes et personnalisables.
Alors la prochaine fois que vous tomberez sur un salon IKEA parfaitement éclairé, avec les coussins impeccablement froissés et absolument rien qui traîne sous la table basse, posez-vous la question : photo ou CGI ?
Vous pourriez bien vous faire avoir.




