Les Français ont tendance à se poser toujours la même question face à n’importe quel objet : est-ce vraiment pratique au quotidien ? Selon les fiches techniques, tout est parfait. Mais vivre avec un appareil dans un appartement parisien, c’est une autre histoire. C’est sous cet angle que nous examinons le WalkingPad G5i, un tapis pliant qui promet de remplacer trois équipements à lui seul : un tapis de marche, un appareil de jogging et un vrai tapis de course.
De la marche à la course sur une seule piste
Le G5i couvre une plage de 1 à 16 km/h, allant d’une douce promenade de bureau à une véritable course à pied. Aux États-Unis, il affiche une vitesse maximale de 10 mph couplée à une inclinaison réglable de 18 %. C’est précisément cette inclinaison qui change la donne. La plupart des tapis pliants restent plats ; le G5i, lui, permet de grimper. Selon WalkingPad, une inclinaison de 18 % brûle jusqu’à deux fois plus de calories qu’une marche à plat tout en sollicitant les fessiers et les ischio-jambiers. C’est une description fidèle des bienfaits de la marche en forte côte. Cette polyvalence fait toute la différence pour un foyer : l’un marche en passant des appels le matin, un autre cours le soir, et un troisième enchaîne sur une vraie course le week-end. De plus, son châssis renforcé supporte des utilisateurs pesant jusqu’à 136 kg, prouvant qu’il ne s’adresse pas qu’aux marcheurs légers.

La vitesse se règle via la molette SpeedDial dotée d’un écran intégré. Il s’agit d’une commande physique, une option que les testeurs français apprécieront généralement face aux interfaces tout-tactile sur application, permettant de modifier son allure sans avoir à farfouiller dans son téléphone en pleine foulée.
Les poignées rabattables : le détail qui change tout
La plupart des tapis de marche n’ont pas de poignées, ce qui procure un sentiment d’insécurité dès que l’on dépasse une allure rapide. Le G5i intègre des barres latérales dès sa version assemblée, et c’est précisément là que se joue sa promesse « trois en un ».
Ces poignées remplissent deux rôles. En cas de marche à forte inclinaison, elles offrent un appui et un repère stable. Une fois l’effort terminé, elles se rabattent pour ne pas alourdir l’encombrement global. Tout l’enjeu réside dans la rapidité de pliage et dans leur capacité à se verrouiller assez solidement pour ne pas vibrer pendant la course. C’est sur ce point précis qu’un utilisateur régulier portera son jugement.
Huit couches d’amorti et une base stable à six pieds
À vive allure, le confort dépend entièrement du plateau. La communication de WalkingPad mise sur l’amorti SoftStep Incline™, censé concilier maintien ferme et absorption des chocs pour préserver les articulations.
Notre cahier des charges souligne la présence d’un plateau amortissant à huit couches. Concrètement, le pied doit ressentir une surface qui absorbe les impacts à chaque foulée sans pour autant donner l’impression de marcher sur de la mousse. Cet équilibre est délicat : trop de souplesse nuit à la stabilité, tandis qu’un manque d’élasticité malmène les genoux.

La structure à six pieds répond quant à elle à un autre écueil : un tapis incliné a naturellement tendance à bouger. Répartir la base sur six points de contact permet de maintenir le châssis bien en place lors des courses en côte et de limiter les vibrations sur les parquets ou le carrelage. C’est un point capital pour le voisinage, l’appareil étant pensé pour des logements partagés grâce à un fonctionnement discret. Dans un appartement doté de planchers minces, les bruits de structure constituent le motif numéro un d’abandon d’un tapis de course.
Quant au plateau, sa surface de 1300 × 500 mm est suffisamment généreuse pour autoriser une foulée naturelle, ce qui est loin d’être systématique sur les machines pliables.
Rangement : se fait-il vraiment oublier ?
C’est là que la théorie se confronte à la réalité. Le G5i propose deux modes de rangement : il peut se glisser à plat sous un meuble ou se dresser verticalement contre un mur, et il est spécialement conçu pour passer sous un lit.
L’installation se veut simplissime. Un frein à pied permet de le déverrouiller d’un seul geste, sans outils ni montage, et le tapis arrive déjà assemblé. En pratique, il faut toutefois composer avec le poids et l’encombrement. Doté d’un mécanisme d’inclinaison prononcée et d’un cadre renforcé, ce n’est pas un poids plume ; le déplacer d’une pièce à l’autre demande donc un minimum d’effort. Mieux vaut vérifier la hauteur du passage sous votre lit ou votre canapé avant de commander. Les données américaines indiquent des dimensions repliées d’environ 38,7 × 29,3 × 7,6 pouces pour une configuration donnée (les chiffres variant selon les régions), alors prenez bien vos mesures en fonction du modèle exact commandé.
Verdict
La grande force du G5i est de s’affranchir des compromis habituels : il offre un entraînement en inclinaison, une vraie surface de course et un mode de rangement viable au quotidien. Il a d’ailleurs remporté un prix de design (CSS Award for Innovative Product Design), ce qui salue la prouesse d’ingénierie, au-delà de l’usage de tous les jours.
Son prix reste l’obstacle majeur. Affiché aux États-Unis à 1 699 dollars (au lieu de 1 899), il se positionne bien au-dessus des simples tapis de marche. L’investissement ne se justifie que pour un foyer qui compte réellement exploiter ses trois modes. Si vous ne cherchez qu’à marcher, un modèle plat et moins onéreux fera l’affaire.
Pour les adeptes de course manquant d’espace qui veulent de l’inclinaison sans sacrifier une pièce entière, le G5i s’impose comme l’une des solutions les plus convaincantes du marché. Le vrai test reste celui qu’aucune fiche technique ne peut trancher : savoir si le pliage restera une formalité après la centième utilisation.














