
En août 2026, le démarchage téléphonique a changé de logique en France : un professionnel ne peut plus vous appeler pour vous vendre quelque chose sans avoir obtenu votre consentement au préalable. Ce n’est donc plus à vous de signaler que vous ne voulez pas être dérangé, mais au démarcheur de pouvoir prouver que vous avez accepté d’être appelé.
Une petite révolution pour tous ceux qui ont déjà décroché en plein déjeuner pour apprendre qu’ils payaient probablement beaucoup trop cher leur assurance, leur électricité ou leurs fenêtres.
Évidemment, quelques appels indésirables continueront à passer. Heureusement, on peut les bloquer, les signaler… ou, pour les plus joueurs, retourner le scénario du démarcheur contre lui.
Le démarchage téléphonique nécessite votre accord
La règle est plutôt simple : pour vous démarcher commercialement par téléphone, une entreprise doit avoir recueilli un consentement libre, spécifique, éclairé et clairement exprimé. Une case ambiguë, une mention préremplie ou le simple fait de poursuivre sa navigation sur un site ne suffisent pas.
Le professionnel doit aussi pouvoir prouver que vous avez bien donné votre accord. Et si vous changez d’avis, vous pouvez le retirer à tout moment, y compris simplement en le disant pendant l’appel.
Il existe tout de même quelques exceptions. Une entreprise avec laquelle vous avez déjà un contrat peut par exemple vous appeler si cela concerne directement son exécution. La presse fait aussi partie des exceptions pour la vente d’abonnements à des journaux ou magazines.
Même lorsqu’un appel commercial est autorisé, tout n’est pas permis : les démarcheurs peuvent appeler du lundi au vendredi, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h, hors jours fériés. Un même professionnel ne peut pas non plus tenter de vous joindre plus de quatre fois sur une période de 30 jours.
Bref, si quelqu’un vous téléphone un dimanche matin pour vous vendre une pompe à chaleur que vous n’avez jamais demandée, plusieurs voyants sont déjà au rouge.
Et les appels qui passent quand même ?
Sur Android comme sur iPhone, vous pouvez bloquer un numéro directement depuis l’historique des appels et activer les fonctions de détection ou de filtrage des appels suspects.
Des applications comme Saracroche, Orange Téléphone ou Truecaller peuvent aussi donner un coup de main. Pensez simplement à vérifier les autorisations demandées avant de leur donner accès à vos appels.
Pour les spams vocaux, vous pouvez également passer par le 33700, qui permet de signaler gratuitement ce type d’appel.
Et sinon, retournez le script contre le démarcheur
Et puis il y a ce formulaire !
Il présente une technique venue des Pays-Bas : préparer son propre scénario pour répondre aux démarcheurs. Au lieu de subir leurs questions, vous commencez à poser les vôtres en suivant un petit arbre de décision.
Le principe est assez génial puisque vous utilisez finalement la même méthode que votre interlocuteur. Nom, entreprise, raison de l’appel, origine de votre numéro… à chaque réponse correspond la suite du scénario.
Avec un peu de chance, c’est lui qui finira par chercher le bouton pour raccrocher.
Soyons clairs : ce contre-scénario ne remplacera pas le blocage ou le signalement d’un appel abusif. Mais, si vous avez quelques minutes à perdre et qu’un démarcheur particulièrement motivé tombe sur vous, autant inverser les rôles.
Après tout, eux ont un script. Vous avez maintenant le vôtre.




