Si vous avez grandi dans les années 1990, vous vous souvenez sûrement des courses interminables d’Olivier Atton et de ses coéquipiers dans la série japonaise Olive et Tom (Captain Tsubasa). Entre le rond-central et la surface adverse, les joueurs semblaient parcourir un champ sans fin, au point qu’un simple contre-attaque pouvait remplir un épisode entier. De là est né un mème culte : « mais quelle taille font vraiment ces terrains ? »
Le calcul de Rezaka Scientific : un terrain long comme un semi-marathon
En 2012, un étudiant japonais en physique, qui signe ses travaux sous le pseudo Rezaka Scientific, s’est amusé à sortir la calculette. Partant d’une taille moyenne de joueur (1 m 70), de la ligne d’horizon visible dans plusieurs plans larges et de l’espacement des marques au sol, il aboutit à un résultat spectaculaire : environ 18 km de longueur pour un seul terrain animé. À cette échelle, les joueurs atteindraient des pointes de 150 km/h pour arriver devant le but avant la fin de l’épisode, une vitesse proprement surnaturelle, mais cohérente avec les retournés acrobatiques et les tirs feuille morte caractéristiques du dessin animé.
Des estimations alternatives… et beaucoup de spéculation
Depuis ce premier calcul, d’autres passionnés ont tenté de ramener la mesure à des valeurs moins extravagantes : certains comparent la hauteur apparente des poteaux, d’autres comptent le nombre de foulées dessinées entre deux lignes. Les valeurs proposées oscillent entre cinq et dix kilomètres, loin des dimensions officielles de la FIFA (environ 105 m). Aucune méthode n’a néanmoins trouvé consensus, car l’animation joue constamment sur les perspectives : un même plan fixe peut allonger ou rétrécir le terrain selon les besoins dramatiques.
Pourquoi ce détail est-il devenu un mème ?
Le terrain élastique symbolise le style épique de Captain Tsubasa. Pour amplifier la tension, les réalisateurs multipliaient ralentis, zooms extrêmes et effets de perspective, donnant l’impression que chaque passe traversait un stade gigantesque. À l’ère des réseaux sociaux, cette licence artistique a été détournée en blagues et montages vidéo, compilant les sprints d’Olivier Atton avec ceux de joueurs réels. Le clip du générique officialise presque cette démesure ; on le redécouvre sans se lasser tant il exagère les distances et la durée des actions.
Ce qu’il faut retenir
Aucune valeur canon n’existe : le terrain se dilate et se contracte au gré de la mise en scène. L’estimation de Rezaka Scientific, bien qu’extrême, illustre surtout la liberté que s’accorde l’animation pour servir la narration. Que l’on retienne 18 km ou une distance plus « modeste » de quelques kilomètres, le mythe des terrains sans fin reste l’un des clins d’œil les plus appréciés de la culture pop footballistique. Un rappel que, dans Olive et Tom, le spectacle prime sur la physique… et que c’est précisément ce qui en fait tout le charme.












