Spinlister a fait parler de lui en 2012 en se présentant comme le premier « Airbnb de l’équipement sportif ». Le principe était limpide : vous aviez un VTT qui prenait la poussière dans le garage ? Vous le mettiez en ligne avec une photo, un tarif à la journée et, quelques heures plus tard, un voyageur pédalait avec dans les ruelles de Lisbonne ou sur les sentiers d’Annecy. Même logique pour les planches de surf, les snowboards ou les skis.
Le service couvrait alors une bonne cinquantaine de pays et annonçait plusieurs milliers de propriétaires inscrits. Les transactions passaient par la plateforme, le paiement également, et spinlister.com se chargeait d’une assurance contre la casse ou le vol : jusqu’à 10 000 dollars pour un vélo de route haut de gamme. De quoi rassurer les prêteurs les plus méticuleux.
Comment ça marchait au quotidien ?
- Mise en ligne : titre, description, localisation précise, photos nettes, tarif journalier et déclinaison week-end ou semaine.
- Réservation : un locataire envoyait une demande ; le propriétaire confirmait, un chat privé s’ouvrait pour caler l’heure et le lieu de remise.
- Paiement sécurisé : Spinlister encaissait, retenait sa commission, reversait le solde après validation du retour.
L’application mobile (iOS et Android) facilitait la remise des équipements grâce à un QR code. Autre détail pratique : les notes réciproques étaient publiques, ce qui encourageait la courtoisie.
Pourquoi le service a-t-il disparu ?
À partir de 2017, Spinlister a voulu changer d’échelle : l’entreprise a misé sur des flottes de vélos en libre-service, vendues clés en main aux villes et aux campus universitaires. Pari coûteux, concurrence féroce ; les investisseurs ont fermé le robinet et, fin 2018, la plateforme a été mise hors ligne. Depuis, le nom de domaine redirige parfois vers une page promo vide, signe que le projet est bel et bien rangé au rayon souvenirs.
Et aujourd’hui ?
Le besoin, lui, n’a pas disparu. Quelques solutions existent encore, mais avec une couverture souvent limitée :
- ListNRide permet de louer un vélo haut de gamme dans une douzaine de grandes villes européennes.
- Peerby organise le prêt d’objets entre voisins, dont le matériel de sport, surtout aux Pays-Bas.
Pour le reste, les loueurs traditionnels et les applis de petites annonces font le travail, mais sans l’assurance intégrée ni l’interface dédiée qui faisaient la force de Spinlister.
Spinlister s’est éteint, mais l’idée demeure : mettre en relation propriétaires d’équipement et sportifs de passage pour rentabiliser du matériel qui dort. Une formule simple, économique et plutôt écologique qui finira sans doute par réapparaître sous un autre nom.














