Le site américain DiedinHouse.com propose un service pour le moins insolite : en quelques minutes, il vous envoie un rapport détaillé révélant les décès répertoriés à une adresse précise. Pour 19,99 $, le moteur croise plus de 130 millions de dossiers : avis de décès, archives judiciaires, coupures de presse, rapports d’incendie ou de police, couvrant huit pays anglophones dont les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni. Vous recevez alors un PDF mentionnant la date, la cause et, lorsque la loi le permet, l’identité de la personne décédée. De quoi voir sous un jour nouveau la salle de bains ou la chambre que vous vous apprêtiez à acheter ou louer.

Pourquoi n’existe-t-il pas d’équivalent français ?
En France, plusieurs verrous freinent la création d’un service similaire. D’abord, la protection des données personnelles limite la diffusion d’informations sensibles même après le décès ; lier un nom, une cause de mort et une adresse demeure juridiquement délicat. Ensuite, les sources potentielles (cadastre, état civil, archives judiciaires, presse locale…) sont dispersées et rarement accessibles en ligne sous une forme exploitable par une base automatisée. Enfin, la culture immobilière française concentre les obligations de transparence sur les vices matériels (amiante, termites, inondations…) et non sur l’historique humain du logement. Un suicide ou un homicide n’entre pas dans la liste des diagnostics obligatoires à remettre à l’acheteur.
Peut-on malgré tout enquêter sur une adresse en France ?
Les informations publiques existent, mais elles exigent des démarches plus artisanales : consulter l’état hypothécaire pour repérer d’éventuels litiges, parcourir les archives municipales ou départementales à la recherche d’articles de journal relatant un incident, interroger le voisinage ou le commissariat local. Autant dire qu’un rapport exhaustif reste hors de portée du grand public sans y consacrer beaucoup de temps.
Comment tirer parti de Died in House si vous achetez à l’étranger ?
Il suffit d’entrer l’adresse complète sur diedinhouse.com, de régler les 19,99 $ et d’attendre le courriel contenant le rapport. Libre à vous ensuite de recouper les informations en contactant la police de la ville ou les archives du comté. Gardez toutefois à l’esprit qu’un résultat « négatif » signifie seulement qu’aucune trace n’a été trouvée ; l’absence d’enregistrement ne garantit pas qu’aucun événement tragique ne se soit produit.






À retenir avant de signer
Died in House ne remplace pas les vérifications classiques sur la structure ou la conformité d’un bien, mais il apporte un éclairage inédit sur son passé. Même si la loi française ne l’exige pas, certains acheteurs apprécieraient sans doute de savoir ce qu’il s’est vraiment passé entre quatre murs avant d’y emménager. À défaut de version hexagonale, il reste l’option des archives et des témoignages locaux pour celles et ceux qui ne veulent rien ignorer de l’histoire de leur futur foyer.













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