Avant de devenir X, la plateforme que tout le monde connaît aujourd’hui s’appelait Twitter ; son logo affichait un oiseau bleu et ses messages de 140 caractères s’appelaient des tweets. Si vous découvrez cet article dans sa version « musée », sachez qu’il restitue fidèlement l’expérience d’origine : l’interface épurée, le fil chronologique quasiment en temps réel, les réponses limitées à 140 caractères — puis 280 à partir de 2017.
Vous lirez donc ici « tweet » plutôt que « post », « retweet » plutôt que « repost » et aucune mention de badges Premium ou de vidéos longues. Le but est de préserver la mémoire de ce qu’était Twitter à son apogée, sans réécriture lourde ni rebranding forcé. Si vous souhaitez comprendre comment fonctionnait le réseau social à ses débuts, poursuivez votre lecture ; vous verrez comment les hashtags, les mentions et la concision extrême ont façonné une nouvelle façon de communiquer en ligne.
Qui de mieux que Twitter lui-même pour nous expliquer ce qu’est Twitter :
Twitter est un réseau d’informations en temps réel qui vous connecte aux dernières histoires, idées, opinions, et actualités sur ce que vous trouvez intéressant. Trouvez simplement les comptes que vous pensez être les plus intéressants et suivez les conversations.
Au coeur de Twitter se trouvent de petites rafales d’information appelées Tweets. […] Vous pouvez voir des photos, des vidéos et des conversations directement dans les Tweets et accéder à toute l’histoire d’un simple coup d’œil, et tout cela au même endroit.
Mouais, ok… ce n’est pas forcément plus clair… Alors pour commencer, voici à quoi ressemblait Twitter lorsque vous vous rendiez dessus en 2013 :
En gros, Twitter (tout comme X aujourd’hui) vous permettait de suivre les comptes de personnes, de marques, de produits, de médias partout dans le monde et voir l’ensemble des messages (« les tweets ») que ces gens publiaient, en temps réel.
D’ailleurs, en anglais « tweet » signifie gazouillis ou pépiement, ce qui explique l’oiseau du logo Twitter !
Tous les messages de ces gens s’affichaient sur votre « Timeline » (ou Fil d’actualité) au fur et à mesure qu’ils étaient publiés. Ainsi la durée de vie d’un message était généralement assez courte, surtout si vous êtiez abonné à de nombreux comptes.
De même, si vous aviez beaucoup de centres d’intérêt, vous pouviez créer ou vous abonner à des listes thématiques (qui vous permettaient d’y voir plus clair).
De la même manière, les « followers« , qu’on peut traduire littéralement par « disciples » ou « adeptes », étaient dans le jargon de Twitter les personnes qui s’intéressaient à vous (ça commençait généralement par la famille et les amis…)… oui je vous l’accorde, sur le papier cela fait un peu « secte », mais dans les faits ce terme prennait tout son sens (d’ailleurs la version française de Twitter parlait « d’abonnés ») puisque ces personnes pouvaient suivre tout ce que vous racontiez.
L’une des particularités de Twitter résidait dans le fait que vous ne pouviez communiquer que par messages de 140 caractères ou moins ! Difficile de s’y habituer, mais avec le temps ce bridage était particulièrement intéressant : il fallait aller à l’essentiel.
Twitter, c’était aussi tout une signalétique (voir lexique en bas d’article).
En effet, plusieurs éléments vennaient simplifier votre communication et la visibilité de vos messages. Sur Twitter vous pouviez apercevoir des mots commençants par # ou par @.
Les mots commençant par # s’appellaient des « hashtags » (le terme a été francisé en « mots-dièses »… bof bof). Ils symbolisaient des mots-clés (par exemple #Apple si votre message était en rapport avec la marque à la pomme). Ainsi, si vous cliquiez dessus vous pouviez accéder à une liste de messages dans lesquels ces mots-dièses apparaissaient. Pratique pour rechercher de l’information sur une thématique.
Certains événements ou même certaines émissions de télé utilisaient ces mots-clés pour créer une communauté de partage et de réaction à chaud (par exemple #ADP pour l’Amour est dans le pré, #TopChef pour Top Chef ou encore #RG13 pour Roland Garros 2013).
Les mots commençant par des arobases (@) matérialisaient quant à eux les noms des utilisateurs de Twitter. Ainsi, si vous écriviez un message avec le nom d’un utilisateur (par exemple @Byothe), celui-ci en était informé, que vous le suiviez ou non, ou qu’il vous suive ou non… cela permettait donc de s’adresser aux gens (en langage Twitter on parlait d’une « Mention »).
Que racontait-on sur Twitter ?
Pour la plupart des gens Twitter était avant tout un outil pour absorber de l’information en masse et rapidement. D’une certaine manière, il y avait deux sortes de personnes sur Twitter : ceux qui proposaient du contenu et ceux qui récupèraient ce contenu.
Mais rien ne vous empêchait de partager des articles qui vous plaisaient, vos dernières photos de vacances, vos dernières blagues… il y avait un public pour ça ! Vous pouviez faire votre trou en commentant les tweets d’autres personnes.
Vous pouviez également « retweeter » (c’est-à partager à vos abonnés) les messages d’autres personnes, qui vous vaient plu.
Mais bien sûr, vous pouviez également n’être que spectateur et suivre des personnes ou marques qui vous intéressaient… on n’était pas obligé d’être actif sur Twitter !
À qui profitait Twitter ?
Aux marques :
communiquer en masse à des gens intéressés (puisqu’ils sont abonnés à la marque)
répondre à des questions ou aider des clients ou prospects (une sorte de service client moderne)
Aux personnes influentes :
partager du contenu (notamment pour les blogueurs) à soi ou sur une thématique pour laquelle ils sont reconnus
Aux artistes, hommes politiques (et autres peoples) :
faire le buzz
créer une sorte de fan-club
communiquer en affichant une certaine proximité
À la presse :
être informé quasi instantanément d’un événement (avec les risques d’une info bidon)
récupérer des médias (photos ou vidéos) et des commentaires de personnes présentes sur les lieux d’un événement marquant (le déraillement de Bretigny en est un très bon exemple récent)
en parallèle, diffuser l’information rapidement
Tous les autres (les gens normaux quoi…) :
s’informer sur des thématiques qui les intéressent
être au courant en temps quasi-réel des derniers buzz d’internet
être au courant avant tout le monde des événements au niveau international (attentats, crash… et autres horreurs)
communiquer facilement avec un petit groupe de personnes ayant des centres d’intérêt proches
Facebook vs Twitter
Si vous m’avez suivi jusqu’ici vous aurez compris qu’en définitive Twitter et Facebook n’avaient rien… mais alors rien en commun.
Sur Facebook vous racontez votre vie et suivez celle de vos amis… le cercle est restreint et l’information communiquée est d’une certaine manière réservée à la sphère privée (à condition de bien paramétrer votre compte).
Au contraire sur Twitter, vous balanciez des messages et n’importe qui pouvait y avoir accès, mais vous n’affichiez que très peu de détails sur vous. Seuls vos intérêts étaient partagés via les messages que vous faisiez passer. Et vous aviez également accès aux messages de toutes les personnes que vous suiviez… et vous pouviez suivre n’importe qui !
Twitter, un concours de quéquettes ?
Pour être important (et éventuellement influent) sur Twitter, il fallait avoir beaucoup, beaucoup de « followers »… On assistait parfois à des concours de quéquettes (excusez-moi du terme) et à une course en avant pour avoir le plus de « followers ». Certains n’hésitaient pas à acheter des abonnés bien que dans les faits Twitter proscrivait cette pratique.
Comptes certifiés
Devant l’importance qu’a pris Twitter dans la diffusion d’informations dans le monde, la nécessité de s’assurer que certains gros comptes importants étaient bien tenus par ceux qui le revendiquaient, Twitter a dû mettre en place un système de comptes certifiés, signalés par un logo bleu.
Ainsi, il était impossible (ou en tout cas plus difficile) de se faire passer pour une personnalité ou une marque… et heureusement !
Twitter, un monde avec ses codes et usages
Et oui, sous ces aspects très ouverts, Twitter disposait en effet de nombreux codes et usages qui pouvaient être longs à découvrir. C’est le cas par exemple des #FF. Ce hashtag utilisé le vendredi signifiait « Follow Friday ». Il avait pour vocation au départ de faire découvrir tous les vendredis à ses abonnés des comptes qui valaient le coup d’être suivis. Petit à petit, le « Follow Friday » est devenu une manière de remercier les utilisateurs avec lesquels on s’entendait bien…
Au final et pour résumer, Twitter était un outil beaucoup plus complexe et profond qu’il n’en avait l’air. Que ce soit pour rester informé ou au contraire diffuser votre bonne parole, il fallait un peu de temps pour apprivoiser cet oiseau bleu, mais très rapidement on se mettait à gazouiller et cela devient une vraie drogue. De nombreuses applications permettaient d’ailleurs de suivre votre compte sur un smartphone pour ne jamais être déconnecté !
Follower (abonné): personne abonnée à votre compte et qui peut ainsi suivre tous vos messages.
Hashtag (ou mot-dièse) : mot clé.
J’aime : à l’instar de Facebook, Twitter a ajouté un bouton « J’aime » en novembre 2015, qui viens remplacer le bouton « Favoris ». Ce bouton permet de signifier à l’auteur du tweet que vous appréciez sa publication mais permet également d’archiver ce tweet pour y retourner plus tard.
Mention : tweet s’adressant à un utilisateur en particulier par le biais de l’utilisation de son nom Twitter (commençant par @) dans le contenu du message.
MP ou PM : Message Privé. Message directement adressé à un utilisateur en particulier et qui ne pourra être lu par personne d’autre. Il faut cependant que cet utilisateur vous suive pour que vous puissiez lui envoyer des messages privés…
Retweeter : partager à vos abonnées les messages d’autres utilisateurs.
Timeline (TL) ou Fil d’actualité : liste en temps réel des tweets des utilisateurs auxquels vous êtes abonné… bref c’est là que tout se passe.
Tweet : message de 140 caractères maximum publié sur Twitter.
Papa quadra fasciné par le web, je passe une grande partie de mon temps à faire de la veille pour vous dégoter les meilleures actus.
Trucs et astuces, humour, sites web et high-tech constituent l’essentiel des sujets que je souhaite traiter ici… mais je ne manquerai pas de vous proposer des bons plans glanés çà et là sur la toile…
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Un article superbe. Je partage de suite.