On interroge désormais les chatbots IA pour résumer un document, préparer un mail, chercher une idée ou résoudre un problème du quotidien. Cette habitude donne parfois l’impression d’un échange privé. Pourtant, les applications d’IA ne déclarent pas toutes les mêmes pratiques de collecte. Une étude de Surfshark compare justement les principaux outils disponibles sur l’App Store, avec un constat clair. Tous collectent des données personnelles, mais pas dans les mêmes proportions.
Meta AI et Gemini, champions de la collecte de données personnelles
Avant de regarder le classement, un point mérite d’être posé. La collecte de données ne concerne pas seulement les messages envoyés à un chatbot. Elle englobe aussi des informations liées au compte, à l’appareil, à la localisation, aux contenus partagés ou à l’usage du service.
Pour établir son comparatif, Surfshark s’est appuyé sur les fiches de confidentialité de l’App Store des chatbots IA les plus populaires. L’étude a ensuite été complétée avec certaines politiques de confidentialité, notamment celles de ChatGPT et DeepSeek. Au total, 35 catégories de données personnelles ont été observées.
Dans ce classement, Meta AI arrive très largement en tête. L’outil déclare collecter 33 types de données sur 35, soit presque tout le périmètre étudié. Il est aussi le seul du panel à mentionner des données financières. À ce niveau, on ne parle plus seulement d’un assistant qui traite vos requêtes, mais d’un service capable de réunir un profil beaucoup plus large.
Google Gemini occupe la deuxième place, avec 23 types de données collectées. Son cas se distingue par la variété des informations concernées. Surfshark cite notamment la localisation précise, les coordonnées, les contacts, le contenu utilisateur, l’historique de recherche et l’historique de navigation. Pour un outil lié à l’écosystème Google, cette diversité mérite l’attention, surtout si vous utilisez Gemini pour des demandes personnelles ou professionnelles.
Le point le plus sensible concerne enfin la nature des données. Meta AI et Gemini figurent parmi les services déclarant collecter des informations sensibles, comme les opinions politiques, les croyances religieuses, l’orientation sexuelle, certaines données biométriques ou des éléments liés à la santé.

ChatGPT, Claude, DeepSeek et les autres affichent des profils plus nuancés
Le chatbot d’OpenAI, qui a largement popularisé les IA conversationnelles auprès du grand public, se classe pourtant en troisième position. Après les dernières mises à jour de ses pratiques de collecte, ChatGPT déclare désormais 17 types de données personnelles sur 35, contre 10 dans la précédente analyse. Les ajouts concernent notamment la localisation approximative, les données santé et forme, l’historique de recherche, les données audio, les données publicitaires et le support client.
Derrière lui, Claude et DeepSeek se situent plus bas, avec 13 types de données chacun. Le premier garde un profil plus stable, surtout lié au fonctionnement du service, à la sécurité, à l’authentification et au support. DeepSeek soulève une autre question, puisque Surfshark indique que les informations sont conservées aussi longtemps que nécessaire sur des serveurs situés en Chine. Une brèche a d’ailleurs déjà exposé plus d’un million d’enregistrements, dont des historiques de conversations et des clés d’accès.
Puisque l’étude ne s’arrête pas aux noms les plus connus, autant voir où se situent les autres.
- Poe collecte notamment des données de contact, des identifiants, des données d’usage et du contenu utilisateur
- Microsoft Copilot ajoute un point sensible avec la localisation précise
- Perplexity collecte moins de catégories, mais reste aussi associé à la localisation précise
- Grok apparaît surtout autour des données de contact, des diagnostics et des identifiants
- Pi reste dans la partie basse, avec une collecte plus limitée
- Jasper AI ferme le classement avec un profil centré sur les diagnostics, les identifiants et les données d’usage

Comment choisir un chatbot IA sans trop exposer ses données personnelles
Vous avez tout à fait la possibilité d’intégrer l’intelligence artificielle à votre routine sans sacrifier votre vie privée. La protection de vos informations exige simplement l’adoption d’une hygiène numérique stricte. Appliquez les recommandations suivantes pour sécuriser vos échanges au quotidien
- Supprimez toute mention liée à des données médicales, des résultats financiers ou des secrets professionnels dans le corps de vos textes
- Prenez le temps de remplacer les vrais noms, les adresses physiques et les numéros de téléphone par des pseudonymes avant d’envoyer une instruction
- Contrôlez les autorisations accordées à chaque application depuis les réglages de votre smartphone pour révoquer l’accès au microphone, aux contacts et au module GPS
- Désactivez la sauvegarde de l’historique dans les paramètres internes du chatbot pour empêcher la réutilisation de vos requêtes par les développeurs
- Choisissez votre outil en fonction de la complexité de la tâche et privilégiez la version web sécurisée plutôt que l’application mobile souvent plus indiscrète
Source : Surfshark











